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décalages et metamorphoses

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Archives Mensuelles: novembre 2016

Maintenir les hommes dans une constante insatisfaction d’eux-mêmes… (Dessins et caricatures n. 43)

25 vendredi Nov 2016

Posted by claudiapatuzzi in dessins et caricatures

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Gabriel Garcia Marquez, Isabel Allende, Mario Vargas Llosa

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Maintenir les hommes dans une constante insatisfaction d’eux-mêmes…

L’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa (« La tante Julia et le scribouillard », « La Maison verte »…) avec le Colombien Gabriel Garcia Marquez (« Cent ans de solitude ») et la Chilienne Isabel Allende (« La maison aux esprits », « Paula »…) ont été et seront toujours, pour moi, un trio fascinant et inséparable ainsi que des compagnons de vie capables de « tisser » des histoires envoûtantes et douloureuses au sujet de leurs pays : une espèce de « scanner » magique apte à dévoiler l’essence de tout être humain, dans le bien et dans le mal, dans la raison et dans la folie, une psychanalyse du Pérou et de la société latino-américaine par le biais de mots que je ne cesse pas d’avaler comme s’ils étaient fondus dans le chocolat amer….

Ce dessin au crayon de Mario Vargas Llosa jaillit d’une photo de l’écrivain péruvien parue lundi 7 mars 2016 sur Libération (1) soigneusement gardée dans un classeur. D’un coup, hier, la photo a repris vie et ma main est partie toute seule : d’abord, le contour du visage ; ensuite les cheveux, enfin les yeux noirs comme de la poix, à peine visibles sous les poids des paupières… comme si je connaissais depuis longtemps ce visage et ces yeux sombres et pensifs.
Voilà un extrait de son discours en l’occurrence du Prix Romulo Gallegos, en 1967. Des mots qui ont fait sursauter mon cœur : « La mission de la littérature est d’agiter, inquiéter, alarmer, maintenir les hommes dans une constante insatisfaction d’eux-mêmes… Plus les écrits d’un auteur sont durs pour son pays, plus intense sera la passion qui unit l’un à l’autre. Car, dans le monde de la littérature, la violence est une preuve d’amour. » (2)

Claudia Patuzzi

(1) L’article sur « Libération » a été traduit de l’espagnol par Philippe Lançon.
(2) Les œuvres romanesques de Vargas Llosas, sous la direction de Stéphane Michaud, ont été réunies dans la « Pléiade » par Gallimard (2 tomes) et traduites de l’espagnol par Albert Bensoussan, Anne-Marie Casé et Bernard Lesfargues.

Contrastes : « Deux femmes » (Dessins et caricatures n. 42 )

09 mercredi Nov 2016

Posted by biscarrosse2012 in dessins et caricatures

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contrastes, croquis, dessin, metro, Paris

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Contrastes :  « Deux femmes »

Pendant mon enfance et encore plus aux jours de mon adolescence, j’aimais observer les visages, les mains, les corps de chaque être humain. L’œil était mon phare : un rayon laser que j’utilisais de façon maladroite en dirigeant sa lumière blanche sur n’importe qui se trouvait à la portée de mon regard.
Avec les années, ce « don » est devenu une habitude toujours plus raffinée et complexe. Il me suffisait d’observer les plis d’une main sur la main-courante d’un bus pour deviner le visage et même le travail de cet être inconnu. Le bus était une espèce de leçon « visuelle » assaisonnée par la fantaisie et l’imagination…
« À quel métier se consacrait-elle cette femme négligée et lasse ? La femme de ménage, la femme au foyer, la mère ? Et cet homme aux lunettes de tortue ? Sans doute le comptable… »
Une habitude qui m’a accompagné jusqu’ici, dans le métro de Paris et de Londres, ou en avion…
Le métro de Paris est pour moi un observatoire unique au monde. Un grand film en couleurs, un immense volume de langues différentes, d’yeux, de bouches, de mains, le tout plongé dans un fourmillement de sensations, de voix, d’états d’âme, de chagrins et pensées invisibles…

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Dessin de Claudia Patuzzi, novembre 2016

La dernière fois que j’ai voyagé dans une rame de la ligne 7 du métro, j’ai été touchée par deux femmes assises en face de moi, l’une à côté de l’autre. Qu’est-ce qui attirait mon attention ? Pendant un instant, j’ai demeuré dans l’indécision, puis j’ai compris où était le lacet qui m’avait capturée : leur contraste !
La femme blonde et élégante à côté de la fenêtre plongeait dans la lecture d’un livre. Son visage paraissait attentif et serein, les yeux fixés sur les pages, les lèvres frémissantes dans un léger sourire de plaisir, tandis que son esprit et son corps détendu ne faisaient qu’un avec la trame du livre, se fondant dans un rêve unique…

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Dessin de Claudia Patuzzi, novembre 2016

Tout d’un coup, j’ai sursauté. Dans la place à côté, une femme aux cheveux noirs et aux yeux larmoyants était tout le contraire de sa voisine : elle semblait le chagrin personnifié ! L’image de la désolation et de la solitude ! Les yeux inquiets, pleins de tristesse. Je n’avais jamais vu un couple si mal assorti, si incompatible… Unique à ne jamais changer, à rester toujours le même, le métro ne cessait pas de se vider et se remplir d’êtres humains, tout en hurlant son cri de fer et caoutchouc sur les rails, au milieu de l’obscurité des tunnels et des lumières joyeuses des stations.
En ce moment-là, j’ai ressenti, violent, un point de côté dans la poitrine. Qu’est-ce qu’il m’arrivait ? Puis, d’emblée, j’ai compris : c’était le contraste entre le visage serein de la lectrice blonde et la grimace de douleur de cette femme brune, seule et désespérée devant moi.
« Le métro peut être un film » ai-je pensé, tout en descendant à Gare de l’Est, « rien qu’un film vrai et cruel comme la vie ! »

Claudia Patuzzi

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