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Ce vieux dessin est né, peut-être, dans un moment de tristesse. Une maisonnette sous le bras et des patins aux pieds, un homme avec un chapeau assez bizarre fuit à la hâte de sa ville tout en jetant des fleurs sur son chemin. L’inscription qui le précède — « le dernier poète » — lui confère une expression romantique et triste. Derrière lui, on voit « les casernes », c’est-à-dire les quartiers populaires de la banlieue Rome (dans le premier à gauche quelqu’un tombe d’en haut d’un balcon)… des palais gris comblés d’antennes télévisées telles des perruques. Tout autour d’eux flottent des nuages semblables à des vieillards renfrognés et barbus… Derrière l’homme aux patins, on voit des voitures, tels des jouets à ressort… Une allusion au trafic de Rome ? À son Métro presque inexistant ?
Peut-être…
Mais, il est certain que ce dessin-ci peut me servir pour vous dire que je suis en train de partir. La maison de mes rêves sous le bras ne faisant qu’un avec mes paperasses… je pars à la mer, impatiente de me plonger dans ses tableaux vivants et d’y attendre le rayon vert…
Et Twitter ? Et mes projets ?
« L’écriture reste pour moi une fête, pas une obligation » (1)
On se reverra, comme promis, le 2 septembre, avec Regard !

Claudia Patuzzi

P.-S. La souris ne veut pas venir, donc j’ai décidé de la laisser à Paris.

(1) Erri De Luca, « Le tort du soldat », du monde entier, Gallimard (2014), traduit par Danièle Valin, p. 25.