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La Madone, dessin crayon sépia , Rome, 1966. (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Pendant les Pâques, quand je fréquentais le collège près du lycée classique « Dante Alighieri » de Rome, les enseignants nous emmenaient nous confesser et communier à l’église. Je venais d’accomplir mes quatorze ans. Quand je m’agenouillai devant le confesseur je lui dis que je ne croyais pas que Dieu eût pu créer l’Enfer éternel, car ainsi il aurait dû reconnaître le pouvoir du mal et son importance. À mon avis, on avait assez du Purgatoire. Le prêtre ne me donna pas l’absolution. Quand mes camarades partirent en file pour la communion, je m’unis à elles. Quand le prêtre me vit agenouillée devant lui, la langue tirée, il sursauta. Pourtant, il n’eut pas le courage de réagir et me communia. Ce jour d’avril là aurait été le dernier où je me communierais et confesserais. Quand je me levai, je me sentais comme une petite Gandhi.

Ce dessin témoigne de ma foi ainsi que de ma fantaisie suggestionnée par l’Évangile selon Mathieu de Pasolini. Je ne critique pas la religion en elle-même, mais toutes les manipulations que les hommes, dans n’importe quels habits ou rôles, ont opérées par elle et autour d’elle.

002_Vangelo180 - Version 2 Pasolini et l’étudiant barcelonais antifranquiste Enrique Irazoqui (Christ) avec, en arrière-plan, les Sassi de Matera, durant le tournage de L’Évangile selon Matthieu, 1964.

Claudia Patuzzi