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Claudia Patuzzi, dessin à l’encre de Chine, 1977 ( cliquer sur l’image pour l’agrandir )

Jusque de mon adolescence, j’ai toujours eu l’habitude de transcrire dans mon journal les rêves les plus vifs et impressionnants.
Ce dessin à l’encre de Chine, que je fis en 1977, reproduit un de ces rêves : un homme nu, vieux et sans défenses est en train de rêver des chevaux en course qui l’effleurent sans le tuer…
Quand je me suis réveillée, cette scène était encore tellement nette que j’ai ressenti le besoin irrépressible de la dessiner…
Qui était-il ce vieux-là ?
Pourquoi ces chevaux ?
Comment a-t-il réussi à se sauver ?
Je ne l’ai jamais su. Il n’y a pas de réponses. Je sais seulement que lorsque je courais avec la Fiat 500 dans les labyrinthes de Rome, il me semblait de chevaucher un pur-sang plus rapide qu’Achille…
J’ai toujours aimé courir.
J’ai toujours aimé— et craint en même temps —les rêves, les labyrinthes et leurs énigmes, les attentes…

Qu’est-ce qu’avait dit ce« théologien athée », J.L.Borges ?

« Il est étrange qu’il y ait des rêves, qu’il y ait des miroirs,
que l’habituel et usé répertoire
de chaque jour inclut l’illusoire
orbe profond que fabriquent les reflets… »
(« Les miroirs » « Los espejos » , en « Le Createur », « El Hacedor », 1960)

«Éprouver la veille comme un autre sommeil
qui rêve de ne pas rêver, tandis que la mort
que craint notre chair, ce n’est que la mort
de chaque nuit qui s’appelle rêve… »
(« Le Créateur », Art poétique, 1960)

Bonjour et bonne nuit à tout le monde !

Claudia Patuzzi