Étiquettes

, , , , ,

001_web180

Dessin à feutres noir et rouge, Paris, 2013. (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Le doute virtuel : Éternité ou oubli ?
Le Net contiendra nos données « ab aeterno », après notre mort ? Nos mots, nos messages les plus intimes, nos textes, nos photos les plus précieuses, habiteront-ils à jamais, immortels, à l’intérieur des « remparts » d’un blog ? Est-ce qu’ils deviendront un « musée individuel sur mesure » à montrer avec fierté à nos arrière-petits-fils du Troisième millenium  ?
Ou bien, au contraire, nos données ruminées par le temps du Net, seront-elles au fur et à mesure envahies par d’invisibles toiles d’araignée virtuelles, moisissures et spam ?
Dans cinquante ans, mon blog sclérosé ne ressemblera-t-il pas à un vieux château accoudé sur le gouffre vide de la « Fin des terres » ?
Et, tandis que les blogs flotteront à la dérive dans l’océan magmatique de Google, nos mots, nos phrases, nos propositions, nos tweets, nos espoirs, nos aveux, nos désirs, nos pensées, nos volontés ainsi que nos données… ne finiront-ils pas, eux aussi, comme il arrive dans le roman labyrinthique de Borges, pour se confondre avec des images et des pensées de plus en plus semblables entre elles, jusqu’à perdre totalement leur identité ? Ou, pire, ne finiront-ils pas pour être remployés ou reproduits par des autres dans un autre réseau ? Dans un autre endroit de la planète, tout en engendrant un « double » à nous qui nous appartient, mais ce n’est plus « nous-mêmes »…
Dans cet élargissement de la personnalité, nos avatars pourraient éprouver le même tressaillement que le grand poète Giacomo Leopardi devant la « haie de l’infini », ou alors se morceler en des millions de minuscules fragments ! Ou bien pourraient-ils exploser dans l’immense ciel du Net se mêlant avec les données d’autres internautes, devenus du jour au lendemain des pseudo-parents ou des sosies occasionnels ?

001_web paricolare 180

(cliquer sur le dessin pour l’agrandir)

Ne vous inquiétez pas. Nous sommes saufs : GOOGLE ouvre déjà la possibilité aux internautes européens de faire valoir un droit à l’oubli.
Peut-être, celle-ci est la future « réalité » qui nous attend…
Mais GOOGLE n’a pas pris en compte un petit détail. Un redoutable aspect de la condition humaine se déclenche spontanément, se révélant en fin de compte beaucoup plus grand et plus fort qu’on ne pourrait prévoir…
De quelle réalité parlé-je ?
Eh bien, c’est une chose simple, que j’ai trouvée, juste dans le gouffre infini du NET.
Un mot simple et très ancien : l’AMITIÉ !
Elle est suivie de sa fille : la SOLIDARITÉ !

Ne vous inquiétez pas, le retrait d’un lien ne s’applique qu’en Europe. GOOGLE-France, Espagne, Allemagne, Italie… ouvre la possibilité aux internautes européens de faire valoir un « droit à l’oubli.. »  qui permet de demander qu’un lien soit retiré des résultats de recherche, à condition qu’il soit « non pertinent, obsolète ou inapproprié. Google.com, qui concentre à lui seul 90% des requêtes sur le Web en Europe , examinera les demandes individuellement ».

« Hélas ! Mais, le lien ne disparaitra pas de Google.com – la version américaine du site – où est consultable par un internaute basé sur le sol européen. Une issue qui devrait laisser insatisfaits nombre de « plaignants ». (Le Monde, 3 juin 2014,  Les internautes se précipitent sur la formulaire d’oubli de Google, Économie et entreprise, p.7)
« Selon le Wall Street Journal, le moteur de recherche prévoit de dépenser plus d’un milliard de dollars dans une flotte de satellites destinés à étendre à des zones reculées de la planète l’accès à Internet. Le projet… démarrerait avec 180 petits satellites en orbite à des altitudes plus basses que les satellites ordinaire et pourrait ensuite se développer… »

Et la favela cybernétique ? Est-elle la « réalité » qui nous attend ?…

002_indien180- Version 2

Un indien Kaxinawa, dans l’extrême ouest brésilien ( Photo : Antoine Lorgnier, Biophoto, « Libération », 31 mai-1 juin 1014, cliquer pour agrandir )

 Claudia Patuzzi