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Rue de Turenne : « Le café des Musées« . (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Tous les jeudis matin je traverse d’un pas parisien le quartier du Temple jusqu’au bistrot « Le café des Musées », « siège » de mon cercle littéraire. Tous les jeudi, soit en allant, soit en revenant, je fais le même parcours, je longe ou traverse les mêmes rues, j’observe les mêmes boutiques ou magasins, les mêmes enseignes. Un itinéraire ennuyant ? Désolée, mais je dois vous répondre par un « NON » tout à fait convaincu !
Si vous voulez en savoir le pourquoi, je vous expliquerai cela par une petite histoire à la La Fontaine, mais sans animaux. La petite histoire de « l’arbre triple »…

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L’arbre nu d’hiver : 12 janvier 2014 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Un froid jeudi de janvier, dans la rue de Franche-Comté, située entre rue Béranger et rue Charlot, je découvre un petit arbre adossé à une paroi constellée de trompe l’œil : des fenêtres illusoires se confondent avec celles qui s’ouvrent vraiment, un faux balcon s’ajoutant à ce décor discret dans un jeu de miroirs assez équilibré. Le petit arbre est complètement nu. Ses branches cherchent l’étreinte avec leur paroi-mère (cachant une école élémentaire) avec le même élan désespéré d’un enfant refroidi.

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Arbre fleuri du Printemps, 25 avril 2014 (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Deux mois depuis, dans un tiède jeudi d’avril, j’ai un sursaut : l’arbre est devenu un bouquet rose-violet recouvert de petites fleurs. Un miracle…

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L’arbre vert du mois de mai (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Lors d’un chaud jeudi de mai, je le découvre, à l’improviste, verdoyant, chargé de feuilles fraîches comme une somptueuse perruque de la Renaissance…

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Le ciel bleu du mois de mai. (cliquer pour agrandir l’image)

Le printemps joue à cache-cache avec l’hiver, les couleurs s’alternent dans des rondes joyeuses.
La paroi joue à colin-maillard avec les fenêtres vraies-ou-fausses, avec leurs ombres noires ou claires…
Enfin, le ciel bleu indigo entoure la façade double-face, où l’illusion dépasse la réalité… Il ne reste, au final, que ce ciel effrontément bleu, là-haut, au-delà de la ligne claire de la paroi, se prolongeant bien plus loin que le marge de la photo. Un « ciel » absolument parfait… et, au-dessous, ce petit arbre… et puis, de nouveau les nuages et la pluie…
Quien Sabe ?

005_tronco180Un tronc d’arbre, décembre, 2013 (cliquer pour agrandir)

Petit éloge de la solidité (1)

Mon corps.
Mes yeux.
Un tronc d’arbre.
Une pomme sur une étagère.

Pouvoir toucher, humer,
savourer
en pouvoir saisir l’épaisseur
– lisse, rugueux,
dur, doux –
pouvoir en percevoir
la forme, l’halo enivrant
de leur odeur
l’invisible poussière
qui les assiège
l’ombre certaine
accompagnant depuis toujours
le brouillard absurde
de leur mystère.

Pouvoir apprécier
la solidité de la mer et du soleil,
l’immuable spirale des changements
des couleurs
la force incessante
de l’eau, de la chaleur,
dans le kaléidoscope des illusions
et de la réalité.

Enfin, la caresse
des petites choses quotidiennes
(impassibles soldats
d’étain)
témoins bénévoles
de notre glissement
imperceptible…

Des louanges à toi, solidité,
grand théâtre du monde !

Claudia Patuzzi

(traduction de Giovanni Merloni)

(1) texte en Italien