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« Élisabeth », tableau, huile sur toile, cm 1,20 x 80. (cliquer pour l’agrandir)

Chers amis, cette grande toile trône entre la cuisine et la chambre à coucher, au bout du couloir, après Giorgione et Charlot. Chaque fois que je l’effleure, je ne réussis pas à esquiver le regard de la « reine vierge ». Si je me tourne d’un coup, elle continue de regarder tout droit devant elle, comme si elle était surprise par quelque chose qui lui passe devant. D’ailleurs, ni Giorgione ni Charlot, eux aussi ne sont pas en condition d’attirer son attention. Peut-être, le va-et-vient dans le couloir la dérange et l’agace… Pendant quelques semaines, elle a eu la place d’honneur, sur la cheminée de la salle à manger. Mais cela lui donnait un air trop redondant : il ne manquait que le feu avec un beau verre de whisky !
Quand ai-je peint ce tableau ? À Rome, en 1985. J’étais enceinte et savais déjà qu’il s’agissait d’une femme. Quelques mois avant qu’elle naisse, j’avais été inspirée par une serviette de cuisine, achetée à Londres en 1978, sept ans avant, sur laquelle s’imposait la figure fragile et solennelle de la grande Élisabeth d’Angleterre… Ce fut après beaucoup de temps que je m’aperçus d’une étrange coïncidence. Élisabeth et ma fille sont nées toutes les deux dans le mois de septembre, juste à dix jours de distance l’une de l’autre.

MelaElisabetta180

P.-S. Je suis une mâcheuse acharnée de pommes. Dans le tableau, la pomme appuyée sur le secrétaire jaillit d’une précise intention de décalage. Le secrétaire ainsi que le vase blanc se trouvent dans mon appartement parisien…

Claudia Patuzzi